Platon: “Le poète est une chose légère”.

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“De la même façon, c’est la Muse qui par elle-même rend certains hommes inspirés et qui, à travers ces hommes inspirés, forme une chaîne d’autres enthousiastes. Car ce n’est pas en vertu de la technique, mais bien en vertu de l’inspiration et de la possession que tous les poètes épiques, j’entends les bons poètes épiques, récitent tous ces beaux poèmes. Et il en va de même pour tous les poètes lyriques, les bons poètes lyriques ; tous ceux qui sont pris du délire des Corybantes n’ont plus leur raison lorsqu’ils dansent, les poètes lyriques n’ont plus leur raison lorsqu’ils composent leurs chants si beaux. Dès qu’ils sont entrés dans l’harmonie et le rythme, ils sont possédés par le transport bachique, et ils sont comme les bacchantes qui puisent aux fleuves le miel et le lait lorsqu’elles sont possédées et quand elles n’ont plus leur raison, exactement comme le fait l’âme des poètes lyriques, selon leur propre aveu. Car c’est bien là ce que nous disent ces poètes, que c’est à des sources de miel, dans certains jardins et vallons des Muses, qu’ils puisent les chants pour nous les apporter à la façon des abeilles, en volant comme elles. Et ce qu’ils disent est vrai. Car le poète est une chose légère, ailée et sacrée, qui ne peut composer avant d’être inspirée par un dieu, avant de perdre sa raison, de se mettre hors d’elle-même. Tant qu’un homme reste en possession de son intellect, il est parfaitement incapable de faire œuvre poétique et de chanter des oracles’.

Platon, Ion, 533d-543b

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