Ibn Khaldun and the Crisis of Modernity

Ibn Khaldun was a fourteenth century historiographer, sociologist, economist, and philosopher. Born in a turbulent time when the remnants of the Umayyad Caliphate in Iberia and North Africa were either collapsing or under extensive pressure internally and externally (corruption and European invasion and crusades), Ibn Khaldun set out to chronicle a sociology of the rise […]

Ibn Khaldun and the Crisis of Modernity

8 thoughts on “Ibn Khaldun and the Crisis of Modernity”

  1. I don’t know if you’ve seen this yet May-Lynn? But this is the best reported piece on the dock explosion I’ve seen. Actually Jaw-dropping! Complete with Roving visuals, including scroll control of the explosion from start to finish. And a long and detailed story of the corruption that made it all happen. Sorry, I know I’m off topic but I thought you might be interested in this — so I’m passing it along!

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  2. To my knowledge, Montesquieu is the first, in his Spirit of the Laws, to disprove a few of Ibn Khaldun’s views, albeit without seeming aware of the latter’s writings (I’m not sure when Ibn Khaldun became known in the West). The idea that civilized people, because of the lenitive effects of luxury, must fall prey to more warlike Barbarians, is formally said by Montesquieu to not obtain in modern times (eighteenth century). When (or if) I found Montesquieu’s quotes again, I’ll be back. Thank you.

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      1. One of Ibn Khaldun’s ideas, one of his historical laws is that civilized people, through the corrupting influence of luxury, with time fall at a disadvantage compared to Barbarian people, who then conquer them. He discusses several instances of this, especially Almoravids and Almohads’ conquests in Al-Andalus. Montesquieu wrote on the same topic and, as I said, disproved this view as far as his times and Europe were concerned. Here are his reasons. He says that in the past poverty would give people a military advantage -this is exactly what Ibn Khaldun states, as Barbarians are poor- because, Montesquieu argues, in the past governments relied on armies formed of their own citizens and when these citizens were lenified by luxury they would display poor military capabilities. But already in Montesquieu’s time, and in Europe, things had changed wholly: Now armies were, he said, composed with the scum of every society and permanently maintained by the Sovereign’s Treasury. Hence, no matter how citizens are lenified by luxury, standing armies can be at no disadvantage against warlike but poor Barbarians.

        That of Ibn Khaldun’s historical laws was already confuted by one of our great authors when it first became known on our shores. 🙂 And I believe I am the first to notice it by noticing it here.

        In Montesquieu’s own inimitable words, which I know you will understand and delight in 😉 His description of ferocious nations rushing en masse “out of their deserts” against wealthy civilizations strikes a chord to anyone who has Ibn Khaldun’s views in mind, but, as he argues, this description did obtain no more already in his time.

        “Autrefois la pauvreté pouvait donner à un Peuple de grands avantages: voici comment. Les Villes ne se servant dans leurs guerres que de leurs Citoyens, les Armées de celles qui étaient riches étaient composées de gens perdus par la mollesse, l’oisiveté, et les plaisirs; ainsi elles étaient souvent détruites par celles de leurs voisins qui, accoutumés à une vie pénible et dure, étaient plus propres à la guerre et aux exercices militaires de ces temps-là. Mais il n’en est pas de même aujourd’hui que les Soldats, la plus vile partie de toutes les Nations, n’ont pas plus de luxe les uns que les autres, qu’on n’a plus besoin dans les exercices militaires de la même force et de la même adresse, et qu’il est plus aisé de former des troupes réglées.

        “Souvent un Peuple pauvre se rendait formidable à tous les autres, parce qu’il était féroce, et que, sortant de ses déserts, il paraissait tout entier et tout à coup devant une Nation qui n’avait de force que par le respect que l’on avait pour elle. Mais aujourd’hui que les Peuples tous policés sont, pour ainsi dire, les Membres d’une grande République, ce sont les richesses qui font la puissance, n’y ayant point aujourd’hui de Nation qui ait des avantages qu’une plus riche ne puisse presque toujours avoir.” (Réflexions sur la monarchie universelle en Europe, ch. II, repris dans De l’Esprit des lois)

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      2. Je suis parfaitement d’accord avec vous sur les points que vous avez cités. Entre les deux philosophes, je préfère Montesquieu. Mais Ibn Khaldoun n’est pas à négliger non plus. Je trouve que les philosophes orientaux n’ont pas eu la reconnaisance qu’ils méritent surtout qu’ils ont pensé et écrit à contre-courant. Mon préféré c’est Avicennes.

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      3. Vous avez raison. Les choses sont toutefois en train de changer, Avicenne et Averroës sont désormais des auteurs étudiés en philosophie, bien que leurs noms se rattachent nécessairement à la philosophie du Moyen Âge de moindre prestige parmi nous. Ibn Khaldoun fait quant à lui partie des figures citées dans les chapitres relatifs aux prémisses de la pensée sociologique, plutôt qu’en philosophie, mais du reste il partage ce sort avec d’autres grands noms de la pensée profonde sur les phénomènes politiques, tels que Montesquieu et Tocqueville. J’ai moi-même une connaissance très schématique de l’oeuvre et de la pensée d’Ibn Khaldoun et pourtant je m’en suis servi dans mon essai universitaire “Genèse de la monarchie islamique d’Arabie Saoudite : Ibn Saoud et la doctrine unitarienne”, ayant trouvé dans la thèse doctorale de Hani Yahyia Nasri “Ibn ‘Abd al-Wahhab’s Philosophy of society: an alternative to the tribal mentality” (Université Fordham, 1979) des discussions extrêmement intéressantes des vues d’Ibn Khaldoun sur la philosophie de l’histoire, notamment en lien avec le phénomène tribal (al-asabiyya, la mentalité tribale). Dans cette thèse, Nasri affirme que le cheikh Abdoul Wahhad discute les thèses historiques d’Ibn Khaldoun:

        “L’analyse sociale, chez Ibn Khaldoun, utilise le concept de “niveaux de société”. Avant l’islam, al-asabiyya était une valeur absolue. Comptaient de manière exclusive la loyauté au groupe et l’honneur. Les liens du sang structuraient les rapports sociaux, ainsi que des liens de patronage calqués sur l’autorité du père sur ses enfants. La tribu est ainsi une famille étendue.

        Chaque tribu a ses dieux tutélaires. La religion renforce la solidarité sociale : le sacré entourant les idoles qui protègent la tribu inspire un sentiment mêlé de fascination et de terreur tenant les individus en respect.

        Lorsque la solidarité sociale concerne des tribus nomadisantes, c’est une solidarité tribale. La solidarité dans les cités est qualifiée de néo-tribale. Les mêmes types de relations s’y retrouvent.

        Le résultat naturel de la solidarité sociale est la souveraineté politique. Le chef tribal devient roi. La monarchie se consolide puis décline, car la prospérité agit sur elle de manière à donner aux populations le goût de l’oisiveté, à les alanguir dans leur mollesse. La monarchie est alors emportée par des invasions tribales de populations plus vigoureuses, ou se disloque elle-même en groupes qui se disséminent et vont former de nouvelles unités tribales. Al-asabiyya ne peut donc être surmontée que momentanément.

        Le cheikh Abdoul Wahhab n’est pas convaincu par une telle analyse. D’abord, selon lui, Ibn Khaldoun ne distingue pas suffisamment, dans la religion, entre le polythéisme et le monothéisme car il insiste davantage sur la fonction sociale du fait religieux. À ses yeux, les deux remplissent la même fonction à des “niveaux de société” différents. Le Prophète communiqua pourtant aux hommes un message “trans-tribal”, leur expliquant les méfaits d’al-asabiyya. Lorsque, dès le tout début de sa prédication, il témoigna de son rejet de cette mentalité, son clan, les Banou Hashim des Qoreych, le contraignit à quitter La Mecque.

        Le monarque, selon Ibn Khaldoun, règne sur son royaume comme un chef sur sa tribu, car monarchie et organisation tribale sont pareillement inscrits dans un cycle, et les mêmes principes “sociologiques” président à l’une comme à l’autre. Or la moralité telle qu’entendue dans la Hanifiyya rompt avec les commandements tribaux. D’après ces derniers, en effet, la moralité est une question d’héritage des ancêtres, l’honneur ancestral est le code de conduite : qui ne venge pas les affronts commet une faute… Pour l’islam, chacun sera jugé selon ses œuvres. La vengeance est laissée à Dieu : “Les blessures tombent sous la loi du talion. Après, quiconque y renonce par charité, cela lui vaudra une expiation.” (IV, 45)

        La position sociale n’importe pas pour le jugement ; au contraire, la fierté d’une position élevée peut peser défavorablement dans la balance.

        L’islam, qui signifie la soumission à Dieu, va à l’encontre de l’honneur aristocratique, pour lequel la soumission est faiblesse. Al-asabiyya, en produisant des dogmes et en sécrétant le shirk, corrompt l’esprit de la révélation. Ce qui est engagé par cette mentalité, c’est la perpétuation des pratiques polythéistes sous le nom de l’islam. Si le nom a changé, les choses sont restées en l’état. Le cheikh entend surmonter cette dialectique.”

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      4. Merci beaucoup pour ce développement très instructif. En bous lisant, j’avais à l’esprit l’état du Moyen-Orient et des pays arabes. En effet, ils n’ont pas tant changé depuis: al-asabiyya, la tribu, la famille, la religion sont toujours très présentes. A l’exception des villes côtières du Moyen-Orient qui sont moins ds ce schema tribal, le reste n’a pas changé.

        C’est ce qui explique pourquoi ces pays, malgré leur évolution apparente de construction et d’urbanisme ne peuvent jamais devenir des États au sens occidental du terme.

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